
LES NOTES DE PROSPECTIVE
A la suite des Notes d'Enjeux, certaines organisations ou personnes inscrites dans la démarche des Etats généraux ont souhaité, à l'appui de leurs expériences et sensibilités, proposé leurs propres réflexions sur certains des enjeux portés par une société écologique post-urbaine. C'est l'objet de cette série de notes.
Où Habiter en 2050 en France pour faire face aux crises écologiques engagées ?
Dans le cadre des activités du Mouvement post-urbain, nous avons souhaité proposer et mettre en débat une ébauche de géographie post-urbaine, qui repose non seulement sur les nombreuses données et projections disponibles, mais également sur les expériences et savoirs échangés et développés au sein du mouvement, qu’il s’agisse de la recherche-action-création, des mondes de l’action territoriale ou encore des collectifs et associations impliquées dans la dite transition.
Nous vous proposons donc un document d'analyse illustré et une cartographie des espaces propices à un habiter écologique, autonome et soutenable !
Le vote rural RN et les pensées métropolitaines
Les temps récents ont beaucoup bruissé sur les villes moyennes, les petites villes et surtout les ruralités. Electoralement il s’entend. Alors, RN ou pas RN ? Conservatrices ou non ? Réactionnaires ou pas ? Car un fait est venu conforter ce que l’on savait : le vote en question s’exprimerait davantage dans les ruralités et surtout s’exprime bien moins dans les grandes villes, en tout cas dans leurs cœurs. Et une explication s’est imposée lors des élections européen
Ainsi, tel que l’exprimait Camille Borden dans un article du Monde largement relayé, le vote RN serait celui de la pauvreté et de la misère, celui des précaires, des classes populaires, éloignées des grands bassins d’activités ou mal insérés dans les grandes polarités. Reprenant les articles et tribunes d’Olivier Bouba-Olga ou encore d’Eric Charmes, les différences spatiales entre villes et campagnes seraient ainsi le décalque de la répartition des inégalités sociales face au travail, avec un sentiment de déclassement converti géographiquement en défiance...
En finir avec une conception hégémonique dans nos rapports à l'espace
La manière dont les sociétés humaines se rapportent, se représentent, se projettent et organisent l’espace et le monde n’est pas neutre. La géographie est une construction politique qui, plus que jamais, poursuit son œuvre aujourd’hui. Or, elle est tellement puissamment ancrée et intégrée en nous qu’il n’est pas aisé de l’interroger, et donc d’envisager se rapporter aux espaces autrement.
Le réseau des Territorialistes propose un texte de réflexion pour comprendre les fondements de la géographie héritée de l’administration d’État et de la métropolisation capitaliste. Partant de l’héritage colonial de la géographie et des colonialités qui persistent par l’urbanisation généralisée, ce texte met en perspective les mécanismes et rouages par lesquels la géographie officielle perpétue un rapport de prédation des ressources et de domestication des lieux.
Visant à situer politiquement cette géographie pour mieux s’en extraire, et ce notamment par l’analyse critique d’une note très récente d’un think-tank bien en vue chez les gouvernants, ce texte doit nous aider collectivement à penser des géographies alternatives, post-urbaines, et des relations bien plus respectueuses des milieux écologiques de vie. Bref, une autre géographie, celle d’une société… écologique.
Face à l'écocide, toute biorégion sera post-urbaine ou ne pourra être !
La biorégion est un concept d’écologie politique découlant d’une idée première : l’existence et l’occupation spatiale du biotope comme fondement de l’organisation humaine. Kirkpatrick Sale, un des premiers auteurs sur le sujet dans les années 1980, estime que c’est « un territoire de vie, défini par ses formes de vie, ses topographies et son biote plutôt que par des diktats humains ; une région gouvernée par la nature et non par la législation humaine » . A ce titre, la biorégion trouve pour parenté intellectuelle les œuvres (plus anciennes) d’auteurs tels qu’Henry David Thoreau ou Élisée Reclus qui, par leur critique de l’industrialisation du monde, et, pour le premier au moins, par celle du rôle joué par la ville comme aliénation, ont tôt entrevue la massification (urbaine) comme strictement opposée à toute écologie du vivant. Une biorégion est donc post-urbaine dès son origine.
Quels outils juridiques pour un aménagement plus sobre des territoires ?
Cette note de Notre Affaire À Tous synthétise les principaux principes défendus par l’ONG dans un guide intitulé « Quel plan local d’urbanisme pour demain ? ». Elle présente les leviers actuels pour mettre en œuvre une sobriété foncière, c’est-à-dire une forme d’organisation qui assure une diminution forte voire un arrêt de l’artificialisation des sols et s’engage pour des environnements de vie sains pour tou.te.s. La note est donc un outil d'action pour les collectivités territoriales, mais aussi et surtout pour tou.te.s celleux qui souhaitent préserver le vivant.
Penser la sobriété foncière suppose de renverser le principe de conception d’une pensée aménagiste : il ne s’agit plus de penser les milieux via notre anthropocentrisme mais d'engager une réflexion bio voire écocentrée. Notre Affaire À Tous considère à cet égard que le PLU Intercommunal peut participer à des politiques de protection de l’environnement en luttant contre l’étalement urbain, les projets imposés et polluants, etc., et en structurant l’espace autour de zones à préserver (naturelles, forestières, agricoles…).
Pour se faire, l'ONG propose des outils comme un Atlas de la Biodiversité Communale, le renforcement des Projets Alimentaires Territoriaux ou encore la véritable inclusion de tou.tes dans les consultations environnementales. Il s'agit également de lutter contre l'artificialisation des sols par des projets de rénovation du bâti, de facilitation d'installation de l'habitat léger et de redistribution des activités .
Si Notre Affaire À Tous ne les mentionne pas, les Etats Généraux ajouteraient volontiers au débat la réquisition des logements vacants, l’interdiction de construction lorsque le taux de vacance est supérieur à un certain taux, la réglementation des résidences secondaires sur les zones tendues…






