LES 3 ENJEUX PORTÉS PAR LES ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA SOCIÉTÉ ÉCOLOGIQUE POST-URBAINE

Trois grands enjeux ont été définis en amont des débats sur la société écologique post-urbaine, l’un sur la répartition géographique plus équilibré de la population, le deuxième sur les formes de vie, le troisième sur l’organisation politique :

1/ Départs des grandes villes (des constats aux réflexions, des désirs aux motivations, de l’accompagnement à la mise sous condition), Installation dans les campagnes (vrais choix, faux-semblants, fuites en avant ?), Accès aux services de première nécessité (vers un redimensionnement local des services prioritaires ?)

2/ Cultures paysannes et savoir-faire de la terre (savoirs et organisations pour s’adapter à la culture de la désurbanisation), Modèles de relocalisation (entraides socio-écologiques et nouvelles solidarités de la terre), Bien-vivre dans les périphéries (l’autonomie comme forme de vie ?)

3/ Interventions prioritaires (réseaux, métiers et outils au service des autres), Cadres politiques de la déconcentration de l’Etat  (pays géographiques et biorégions post-urbaines, polycentrisme ), Auto-organisation et démocratie locale (écologie sociale et populaire, municipalismes…)

A partir d’observations sur le départ des grandes villes, sur les formes de vie collectives, ainsi que sur la valorisation de la relocalisation ou de l’autonomie, les échanges en ateliers ont fait collectivement émerger 6 thématiques d’accord et de réflexions prioritaires autour de la société écologique post-urbaine.

1/ Un geste politique (à partir de février 2021)

Un Manifeste et un Serment de la société écologique post-urbaine sont en cours d’élaboration pour défendre au long cours le programme d’action sous l’angle d’un nouvel équilibre territorial (écologique) et d’une justice sociale dans la décence des formes de vie. Le Manifeste sera validé par les participant.e.s lors des journées, et le Serment proposé à signature par le plus grand nombre.

2/ Une vision agissante (à partir de février avec atelier fin mars 2021) 

Les fonctionnements métropolitains et ruraux sont traversés d’habitudes, de traditions, de coutumes, de symboles et d’imaginaires, qui pour nombre encore à ce jour sont contraignants pour évoluer dans la perspective d’une société écologique post-urbaine. La perspective est de contredire ces croyances limitantes par une vision agissante visant à sortir de la société urbaine de consommation : agriculture vivrière et relocalisation d’activités, développement de l’habitat coopératif et démobilité…

3/ Des alternatives existantes (à partir du 15 mars 2021)

Les Etats Généraux souhaitent être un relais de connaissances et un rassemblement d’expériences, de résilience mais aussi de résistance pour des manières écologiques de vivre en rupture. Elle vise ainsi à proposer de manière consciente et critique une géographie alternative de la société écologique post-urbaine, fondée sur des initiatives d’installations, la multiplication des luttes en action et les promesses de projets de biorégions dont les limites ne sont pas définies par des frontières politiques, mais par des limites écosystémiques.

4/ Entre crises et effondrement (débat lors des journées EGPU)

Il s’agira de penser les modalités de mise en débat au sein de différentes communautés l’urgence et le changement de paradigme écologique, en ouvrant à la question des limites physiques du modèle dominant et à la diversité des horizons possibles ouverts par le délitement des formes de pouvoir actuelles (en intégrant particulièrement les questions sociales et politiques non véritablement représentées à ce jour dans de telles.

Les échanges en ateliers ont fait collectivement émerger 6 thématiques de réflexions prioritaires autour de la société écologique post-urbaine : rupture anthropologique, transformation écologique, question sociologique, installation périphérique, ressources et pratiques, et action politique. Sur cette base, et en vue de la programmation des Etats Généraux des 28 (soir) au 30 mai 2021, plusieurs chantiers collectifs se sont engagés, rassemblant chacun entre 4 et 10 organisations selon les sensibilités.

 
Rupture anthropologique

Renseigner le désamour croissant, voire la désillusion, vis-à-vis des grandes villes, rompant avec les représentations attribuant à la densité urbaine les conditions d’une vie sociale, politique et sensible épanouissante : le sentiment d’incapacité individuelle et collective, le stress induit par les rythmes de vie, la fragilité des conditions d’existence…

Transformation écologique

Apprécier les vecteurs de transformation écologique des formes de vie : descente énergétique et sortie de la seule abondance, autosuffisance des modes de vie et dérèglement des milieux agricoles… Nous nous intéressons à des imaginaires désirables et aux conditions du bien-vivre, ainsi qu’aux croyances qui limitent la capacité à nous projeter et créent une dépendance aux concentrations des grandes villes. 

Question sociologique

Penser une société inclusive des populations les plus fragiles ou défavorisées, notamment du fait des effets environnementaux de la bétonisation, dans le respect de leurs cultures sociales et écologiques. Une attention particulière est aussi portée aux populations reléguées dans les espaces ruraux, pour des raisons à la fois économiques et sociocognitives.

Installation périphérique 

Evaluer les capacités d’implantation dans les espaces ruraux en termes de ressources locales et d’activités, mais aussi de clivages potentiels et de risques d’artificialisation, avec une attention particulière aux cultures et à l’accueil de nouveau arrivants, comme à une attention de la coopération présente dans les réseaux de l’alternative, dans les milieux paysans…

Ressources et pratiques

Préfigurer l’accès aux ressources, particulièrement foncières, et le renouvellement des pratiques favorisant le partage et la protection des ressources du vivant. Il s’agit d’interroger les possibilités en termes de formes de propriété collective, d’accompagnement ou d’aide des néo-paysans, de revalorisation des savoir-faire locaux et d’expérimentation de pratiques écologiques

Action politique 

Penser les formes collectives et les contours spatiaux d’une société écologique du post-urbain à la fois sur le plan des manières d’habiter, des formes coopératives d’activités et de production locale, des modes d’organisation autogérées ou municipalistes, de la mise en réseau territoriale ou du confédéralisme…

CALENDRIER D'ORGANISATION DES ÉTATS GÉNÉRAUX

9 novembre 2020 

Réunion de lancement avec 23 organisations (soit 40 participant.e.s) : présentation de la démarche, échanges sur les objectifs, proposition d’organisation collective. Compte-rendu de la réunion ici.

16 décembre 2020 

 

Echanges et approfondissements en groupes de travail sur les 6 thématiques d’enjeux prioritaires identifiés lors de la réunion de lancement (cf. compte-rendu).

25 janvier 2021 

 

Programmation détaillée des Etats Généraux (28, 29 et 30 mai 2021) et lancement des différents chantiers de préparation.

Février 2021

 

Avancement des différents chantiers : croyances limitantes, vision agissante et imaginaires du désir du post-urbain ; plaidoyer/manifeste/serment pour une société écologique post-urbaine ; nouvelles ruralités et conditions écologiques de réalisation ; finitude, délitement, effondrements.

Mars 2021 

 

Atelier consacré aux croyances limitantes de la désurbanisation en partant des grands imaginaires de la densité et des modes de vies associés, ainsi qu'aux visions désirables d'une société écologique post-urbaine.

Avril 2021

 

Atelier consacré aux géographie alternative en partant des résistances et luttes contre le bétonnage, ainsi qu’une analyse critique de la géographie officielle et des catégories institutionnelles actuelles.

28 (soir), 29 et 30 mai 2021 

 

Etats Généraux de la société écologique du post-urbain.