LES 3 ENJEUX ET LES 6 THÉMATIQUES PORTÉS PAR LES ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA SOCIÉTÉ ÉCOLOGIQUE POST-URBAINE

Trois grands enjeux ont été définis en amont des débats sur la société écologique post-urbaine, l’un sur les équilibres populationnels, le deuxième sur les formes de vie, le troisième sur l’organisation politique : 

1/ Départs des grandes villes (des constats aux réflexions, des désirs aux motivations, de l’accompagnement à la mise sous condition), Installation dans les campagnes (vrais choix, faux-semblants, fuites en avant ?), Accès aux services de première nécessité (vers un redimensionnement local des services prioritaires ?)

2/ Cultures paysannes et savoir-faire de la terre (savoirs et organisations pour l’acculturation à la désurbanisation), Modèles de la relocalisation (entraides socio-écologiques et nouvelles solidarités de la terre), Bien-vivre dans les périphéries (l’autonomie comme forme de vie ?)

3/ Interventions prioritaires (réseaux, métiers et outils au service du ménagement), Cadres politiques de la déconcentration (pays géographiques et biorégions post-urbaines, polycentrisme démocratique), Auto-organisation et démocratie locale (écologie sociale et populaire, municipalismes…)

A partir d’observations sur le départ des grandes villes, sur les formes de vie collectives, ainsi que sur la valorisation de la relocalisation ou de l’autonomie, les échanges en ateliers ont fait collectivement émerger 6 thématiques d’accord et de réflexions prioritaires autour de la société écologique post-urbaine.

Rupture anthropologique

Renseigner le désamour croissant, voire la désillusion, vis-à-vis des grandes villes, rompant avec les représentations attribuant à la densité urbaine les conditions d’une vie sociale, politique et sensible épanouissante : le sentiment d’incapacité individuelle et collective, le stress induit par les rythmes de vie, la fragilité des conditions d’existence…

Transformation écologique

Apprécier les vecteurs de transformation écologique des formes de vie : descente énergétique et sortie de l’abondance, autosuffisance des modes de vie et entropie agricole des milieux… Nous nous intéressons aux imaginaires de la désirabilité et aux conditions du bien-vivre, ainsi qu’aux croyances limitantes qui créent une dépendance aux concentrations des grandes villes.  

Question sociologique

Penser une société inclusive des populations les plus fragiles ou défavorisées, notamment du fait des effets environnementaux de la bétonisation, dans le respect de leurs cultures sociales et écologiques. Une attention particulière est aussi portée aux populations reléguées dans les espaces ruraux, pour des raisons à la fois économiques et sociocognitives.

Installation périphérique 

Evaluer les capacités d’implantation dans les espaces ruraux en termes de ressources locales et d’activités, mais aussi de clivages potentiels et de risques d’artificialisation, avec une attention particulière sur les cultures de l’accueil et de la coopération présentes dans les réseaux de l’alternative, dans les milieux paysans… 

Ressources et pratiques

Préfigurer l’accès aux ressources, particulièrement foncières, et le renouvellement des pratiques favorisant le partage et la protection des ressources du vivant. Il s’agit d’interroger les possibilités en termes de formes de propriété collective, d’accompagnement ou d’aide des néo-paysans, de revalorisation des savoir-faire locaux et d’expérimentation de pratiques écologiques

Action politique 

Penser les formes collectives et les contours spatiaux d’une société écologique du post-urbain à la fois sur le plan des manières d’habiter, des formes coopératives d’activités et de production locale, des modes d’organisation autogérées ou municipalistes, de la mise en réseau territoriale ou du confédéralisme…