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LES NOTES D'ANALYSE

Quatre questions sont apparues matricielles et transversales. Elles posent les jalons des étapes psychologiques et sociales, culturelles et politiques du mouvement de desserrement voire débranchement métropolitain. On trouvera le développement de ces quatre questions sous la forme de notes d’Analyse, produites et validées par des groupes réunissant à chaque reprise de 6 à 12 organisations partenaires.

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L'imaginaire d'une société écologique post-urbaine

Partant du constat d’un désamour croissant des grandes villes et d’une volonté grandissante d’installation dans des lieux hors métropoles, nous souhaitons montrer que pour vivre bien dans les espaces moins denses, de manière épanouissante, il y a quelques vigilances à avoir au risque sinon d’une simple mise à distance spatiale des métropoles sans se défaire des pratiques qu’elles fondent. Pour ne pas nourrir de frustration ou ne pas être le bras armé malgré soi de la destruction du vivant, nous devons comprendre nos freins. Dans ce registre, plusieurs croyances idéalisant la grande ville apparaissent plus que limitantes : la ville comme réalisation de soi et satisfaction de nos plaisirs, avec simplicité, immédiateté et diversité ; la ville comme possibilités d’une vie libérée du jugement des autres quelles que soient nos conditions (sociale, sexuée, racisée…) ; la ville comme lieu idoine de la production en rassemblant les fonctions, en centralisant les pouvoirs, en favorisant une intensité des flux… Tout cela se ferait en faveur de la diversité sociale et culturelle. Tout ceci n’est pas si clair, loin s’en faut.

Les néoruralités et alternatives post-urbaines existantes

Une société écologique post-urbaine ne peut se contenter d’un déplacement de populations sans transformation écologique des modes de vie et sans considération des systèmes socio-économiques locaux. Penser le post-urbain avec les sociétés locales est l’un des enjeux premiers d’une répartition écologiquement viable et socialement juste des populations. Cet atelier a alors pensé les conditions d’installation en dehors des grandes villes, que l’on ait un projet agricole ou artisanal, que l’on ait une ambition d’autonomie ou simplement d’amélioration de son environnement de vie. Il faut pouvoir accéder au foncier, au logement, à l’énergie… Il faut parfois combiner plusieurs activités et rompre avec quelques représentations idéalisées de l’abondance facile dans les campagnes et leurs ruralités. Mais les cultures locales pourraient accompagner ces installations, en assurant l’accès aux savoir-faire paysans et aux réseaux d’entraides partout constatés, en facilitant la compréhension du milieu écologique et des formes d’habiter réellement localisées.

De la géographie officielle aux biorégions 

Par ses catégories institutionnelles, ses indicateurs standardisés, ses découpages administratifs, la géographie officielle subdivise les espaces selon leurs capacités… de production. Cela s’est fait au profit des principales polarités selon une hiérarchie spatiale des fonctions et activités : aux grandes villes les centres hospitaliers universitaires, aux villes moyennes les hôpitaux, aux petites villes et espaces ruraux les fermetures de maternité… Trois axes sont ressortis pour une géographie alternative : sortir de la logique urbaine en interdisant toute nouvelle construction (avec l’artificialisation et la bétonisation que cela entraîne), en réhabilitant l’existant, en engageant une déconsommation et par là une réduction des flux de la mondialisation ; rebattre les cartes des compétences territoriales à l’échelle de biorégions afin de permettre une émancipation des localités et de penser une réorganisation des espaces de vie à l’échelle de leurs milieux écologiques et culturels ; changer nos mots géographiques pour panser les maux de la dépossession (pédagogies alternatives et éducation populaire pour se réapproprier les enjeux de l’habiter de la terre).

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N’abandonner personne à l’enfer du béton ! 

Les classes populaires, reléguées en interne des grandes villes ou dans les périphéries plus ou moins éloignées, sont les premières à pâtir de l’invivabilité croissante des grandes densités et de leurs corrélats de l’étalement paupérisé. Une société écologique digne de ce nom se veut avant tout inclusive, fondée sur des liens d’entraides et de coopération et donc une diversité d’interdépendances sociales… et écologiques. Comment inclure ces personnes directement concernées par les fournaises urbaines dans la démarche engagée des Etats Généraux ? Poser cette question revient à interroger les conditions d’action de populations soumises aux pressions urbaines, notamment environnementales : il y aurait à cet égard un enjeu premier à penser l’installation périphérique des plus défavorisés tout en rendant l’enfer du béton plus supportable, non pas pour le pérenniser mais pour permettre à celleux qui y vivent d’affirmer leurs forces existantes pour la transformation écologique : cultures populaires de la sobriété et de la convivialité, réseaux d’entraide et de solidarité… 

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